Lolo sy ny Tariny à La Cigale : voix éternelle du folk malgache

Musicien malgache jouant de la guitare acoustique sur une scène de concert intimiste.

Il existe des noms qui, à eux seuls, réveillent toute une mémoire musicale. Lolo sy ny Tariny à La Cigale, c’est d’abord cette rencontre entre une salle mythique du 18e arrondissement parisien et un groupe fondateur de la chanson malgache. Pour une partie du public malgache de France, ce nom évoque des soirées entières passées à fredonner des refrains connus par cœur depuis l’enfance. Pour les curieux qui découvrent ce nom pour la première fois, il ouvre la porte à un pan entier de la musique malgache, entre folk occidental et racines traditionnelles.

Derrière ce nom se cache une histoire qui commence bien avant les néons du boulevard de Rochechouart : celle de trois camarades de lycée réunis à Tananarive, portés par une passion commune pour la guitare acoustique et les mélodies venues d’ailleurs. De cette amitié est né un groupe qui allait, quelques décennies plus tard, faire vibrer une salle parisienne et rester gravé dans la mémoire d’une génération entière de mélomanes malgaches.

Qui est Lolo, la voix derrière le groupe malgache mythique ?

Lolo, de son vrai nom Angelo Rakotomanga, est le fondateur et la voix la plus identifiable du groupe. C’est lui qui a écrit et composé la quasi-totalité du répertoire, avec une plume qui mélange l’intime et le collectif. Son écriture puise autant dans les folksongs occidentaux que dans les traditions orales malgaches, ce qui donne à ses chansons une texture singulière, reconnaissable dès les premières notes de guitare acoustique.

Le parcours de Lolo est indissociable de celui du groupe : né à Tananarive au milieu des années 70 d’une rencontre entre trois camarades de lycée, le collectif s’est vite étoffé pour devenir une formation à plusieurs voix, portée notamment par Hanitra, chanteuse dont le timbre a longtemps incarné la dimension polyphonique du groupe. Au fil des décennies, la formation a évolué, accueillant de nouveaux musiciens tout en conservant l’esprit fondateur imprimé par Lolo dès les premières répétitions.

Aujourd’hui encore, le noyau du groupe reste actif autour de plusieurs guitaristes chanteurs, d’une section rythmique et d’une direction musicale assurée en interne, preuve que la transmission n’a jamais cessé malgré les années. Cette continuité explique en grande partie pourquoi le nom du groupe reste associé, encore aujourd’hui, à une forme d’authenticité rarement retrouvée ailleurs sur la scène malgache.

Lolo sy ny Tariny, un pilier du folk-roots malgache

Dès ses débuts, Lolo sy ny Tariny à La Cigale n’était pas encore une évidence, mais le groupe portait déjà les ingrédients qui allaient forger sa réputation : un style vocal polyphonique, des guitares acoustiques et électriques, des percussions, et surtout le valiha, cette cithare tubulaire en bambou emblématique de Madagascar. Cette instrumentation, croisée avec des influences assumées de Bob Dylan, Leonard Cohen ou Crosby, Stills, Nash and Young, a donné naissance à un style que l’on qualifierait aujourd’hui de world music, avant même que le terme n’existe vraiment.

Une rencontre décisive avec le chanteur néo-zélandais Graeme Allwright, connu pour ses adaptations françaises de Leonard Cohen, a permis au groupe d’enregistrer dans un studio en région parisienne. C’est également à cette période que le groupe s’est fait connaître d’un public français, notamment lors d’un concert au Palais des Glaces resté dans les mémoires : la salle parisienne avait alors été conquise par ce mélange inédit de musique traditionnelle et de sonorités folk. Cette première percée parisienne a ouvert la voie à une reconnaissance internationale dans les années 1980, aux côtés d’artistes africains majeurs comme Youssou N’Dour ou Francis Bebey, et du groupe malgache Mahaleo.

Le choix du terme world music pour qualifier cette musique reste d’ailleurs sujet à débat parmi les puristes : le groupe n’a jamais cherché à coller à une étiquette commerciale, préférant rester fidèle à une écriture sincère, ancrée dans le vécu de ses membres plutôt que dans les tendances du marché discographique international.

Valiha traditionnel malgache posé en gros plan, cithare en bambou aux cordes tendues.

Élément Détail
Formation Milieu des années 70, à Tananarive
Fondateur Lolo (Angelo Rakotomanga)
Instrumentation Guitares acoustiques et électriques, percussions, valiha
Album studio Un seul, enregistré au début des années 80
Reconnaissance internationale Années 1980, aux côtés de Youssou N’Dour, Francis Bebey, Mahaleo
Thèmes récurrents Amour, pauvreté, vie sociale, situation politique

Le passage de Lolo sy ny Tariny à La Cigale

La Cigale, salle historique du boulevard de Rochechouart près de la place Pigalle, a accueilli plusieurs générations d’artistes depuis la fin du 19e siècle, avec sa capacité pouvant dépasser mille places et son architecture chargée d’histoire. C’est dans ce cadre que le concert a marqué les esprits d’une partie du public malgache installé en France, lors d’une soirée restée dans la mémoire collective de la diaspora. Des captations amateurs de cette soirée circulent encore aujourd’hui en ligne, preuve que l’événement continue d’être partagé et redécouvert des années plus tard.

Ce type de rendez-vous reste rare : les groupes malgaches historiques se produisent peu sur les scènes parisiennes de cette envergure, ce qui rend chaque passage d’autant plus précieux pour un public souvent obligé de se contenter d’enregistrements ou de retransmissions pour retrouver ses artistes fétiches. La dimension intimiste de la salle, malgré sa capacité importante, permet un contact direct entre les musiciens et un public qui connaît par cœur chaque refrain.

Le groupe est ensuite revenu se produire à Paris, notamment aux Folies Bergère, accompagné cette fois de jeunes musiciens apportant une sonorité renouvelée à un répertoire pourtant vieux de plusieurs décennies. Cette capacité à se réinventer sur scène, tout en conservant l’âme des chansons d’origine, explique en grande partie pourquoi le nom du groupe continue de circuler dès qu’il est question de grands concerts malgaches en France.

Les chansons emblématiques à connaître avant d’écouter le groupe

Impossible de comprendre l’attachement du public à Lolo sy ny Tariny à La Cigale sans évoquer les chansons qui ont construit cette popularité. Le répertoire du groupe aborde la musique elle-même comme sujet, avec des titres qui célèbrent la passion de créer et de transmettre. L’amour occupe une place centrale, traité avec une pudeur et une poésie qui ont traversé les générations sans prendre une ride. La situation politique malgache, elle aussi, s’invite régulièrement dans les textes, tout comme la lutte quotidienne d’une grande partie de la population de la Grande Île.

Salle de concert parisienne aux lumières chaudes, scène vide avant un spectacle folk malgache.

Ce qui frappe, c’est la longévité de ces morceaux malgré une discographie officiellement restreinte à un seul album studio, sorti au tout début des années 80. Cette rareté n’a jamais empêché les chansons de circuler massivement, transmises de génération en génération, reprises lors de veillées familiales ou de fêtes de la diaspora, bien au-delà des frontières de Madagascar.

Parmi les titres les plus souvent cités, « Lemizo » reste un incontournable des reprises en concert, tout comme « Tady vita fatomaty » ou « Jacaranda », chanson à la fois florale et sentimentale devenue un classique des mariages malgaches. « Bonbo gasy » évoque avec malice la passion de la musique elle-même, tandis que « Zimbo » aborde de façon plus directe la mémoire d’une période politique douloureuse de l’histoire du pays. D’autres morceaux moins connus du grand public, comme « Benoro », racontent le quotidien de pêcheurs du sud-est de l’île, preuve que le groupe n’a jamais cessé de puiser dans le réel pour nourrir son écriture.

L’héritage de Lolo sy ny Tariny dans la musique malgache et la diaspora

Peu de groupes malgaches peuvent se targuer d’une telle empreinte avec aussi peu d’enregistrements officiels. Le groupe illustre bien ce paradoxe : une notoriété immense, construite avant tout sur la scène et le bouche-à-oreille, plus que sur les ventes de disques. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des fers de lance de la musique malgache à l’international, aux côtés d’autres figures tutélaires comme Mahaleo ou Eusèbe Jaojoby, avec lesquels ses membres partagent régulièrement la scène lors de concerts réunissant plusieurs générations d’artistes malgaches. Une fiche de référence consacrée au groupe revient d’ailleurs en détail sur cette trajectoire et sa composition actuelle.

Ces retrouvailles intergénérationnelles se poursuivent d’ailleurs à Madagascar, où le groupe s’est encore produit récemment aux côtés de Mahaleo et Samoela lors de concerts acoustiques réunissant plusieurs légendes de la chanson malgache sur une même scène, perpétuant une tradition de dialogue musical initiée des décennies plus tôt. Le décès en 2021 de Sammy Rabenirainy, l’un des membres historiques, a également rappelé l’importance de transmettre cet héritage aux musiciens plus jeunes qui composent aujourd’hui la formation.

Pour prendre la mesure de cette place particulière, on peut aussi la comparer au parcours d’autres artistes malgaches ayant marqué la scène musicale, à l’image de Rossy, chanteur incontournable de la musique malgache, dont le répertoire dialogue lui aussi avec les traditions de l’île tout en s’ouvrant à un public international. Cette proximité de démarche artistique, entre fidélité aux racines et ouverture au monde, traverse une grande partie de la scène malgache contemporaine.

Groupe de musiciens malgaches chantant en polyphonie, guitares acoustiques et percussions sur scène.

C’est aussi ce dialogue entre générations et entre esthétiques qui a rendu le concert de Lolo sy ny Tariny à La Cigale si particulier : loin d’être un simple hommage nostalgique, la soirée a montré à quel point ce répertoire ancien continuait de résonner avec des auditeurs plus jeunes, souvent nés en France de parents malgaches et découvrant ces chansons pour la première fois sur scène plutôt qu’à travers des enregistrements familiaux.

Le souvenir le plus souvent cité par Lolo lui-même reste un concert donné devant environ cinquante mille personnes au Coliseum Antsonjombe, à Antananarivo, un moment qu’il décrit comme unique dans sa carrière. C’est cette même ferveur, à une échelle différente, que l’on retrouve dans les récits de spectateurs présents ce soir-là à Paris, où l’intimité relative de la salle a permis un contact rare entre les musiciens et leur public.

Le valiha, l’âme instrumentale du répertoire

Impossible d’évoquer le son du groupe sans s’attarder sur le valiha, cette cithare tubulaire en bambou dont l’origine remonterait, selon certains chercheurs, à des instruments d’Asie du Sud-Est apportés par les premiers migrants de l’île. Cet instrument, fabriqué à partir d’une simple tige de bambou dont on soulève des lamelles pour créer les cordes, occupe une place à part dans la musique malgache : il n’accompagne pas seulement la mélodie, il la structure, en dialoguant en permanence avec les voix et les guitares.

Dans les compositions de Lolo, le valiha n’est jamais un simple ornement exotique : il porte souvent le motif principal d’un morceau, avant que les guitares acoustiques ne viennent l’habiller de nappes harmoniques plus occidentales. Ce mariage entre un instrument ancestral et une écriture influencée par le folk américain et anglo-saxon est sans doute l’une des raisons pour lesquelles la musique du groupe a pu voyager aussi facilement d’un continent à l’autre, séduisant un public bien au-delà de la seule communauté malgache.

Découvrir d’autres artistes et sorties de la scène malgache

Pour qui souhaite approfondir sa découverte de la musique malgache, plusieurs artistes méritent le détour aux côtés de Lolo sy ny Tariny. C’est le cas de Lola, artiste malgache dont l’univers, plus contemporain, montre la diversité des expressions musicales de l’île, ou encore de Wawa et sa musique malgache, représentative d’une nouvelle génération d’interprètes qui s’inscrivent dans la continuité des groupes fondateurs tout en explorant de nouvelles sonorités.

Public rassemblé et applaudissant lors d'un concert de musique malgache dans une salle parisienne.

Cette richesse musicale s’inscrit plus largement dans un ensemble de traditions, de codes et de références que l’on retrouve en explorant la culture malgache dans toute sa diversité, de la langue aux arts visuels en passant par la musique et la danse. Comprendre ce contexte permet aussi de mieux saisir pourquoi un concert comme celui de Lolo sy ny Tariny à La Cigale a pu revêtir une telle importance symbolique pour une partie du public présent ce soir-là.

Suivre l’actualité de Lolo sy ny Tariny et les prochains concerts

Aucune date n’est actuellement annoncée pour un nouveau passage de Lolo sy ny Tariny à La Cigale. Le groupe reste toutefois actif, se produisant régulièrement à Madagascar aux côtés d’autres légendes de la chanson malgache, dans des formats de concerts acoustiques réunissant plusieurs générations d’artistes. Pour les Malgaches de France qui souhaitent retrouver cette ambiance sans attendre une nouvelle tournée, certains événements permettent de se rapprocher de cette atmosphère conviviale, à l’image des soirées malgaches organisées à Paris, où musique, danse et retrouvailles se mêlent régulièrement.

Suivre les réseaux sociaux du groupe et les pages spécialisées reste, pour l’instant, le moyen le plus fiable de ne pas manquer une éventuelle annonce. Étant donné la rareté de leurs prestations sur la scène française, chaque date, quand elle est confirmée, tend à se remplir rapidement.

Ce qu’il faut retenir avant d’écouter Lolo sy ny Tariny

Entre l’histoire d’un groupe fondateur du folk malgache, l’empreinte durable de ses chansons et le souvenir encore vivace de son passage parisien, Lolo sy ny Tariny à La Cigale reste une référence pour comprendre à quel point la musique malgache a su voyager sans jamais renier ses racines. De quoi donner envie de prolonger cette découverte du côté d’autres artistes et d’autres pans de la culture de la Grande Île.

FAQ

Qui est Lolo, le leader du groupe Lolo sy ny Tariny ?
Lolo, de son vrai nom Angelo Rakotomanga, est le fondateur et principal auteur-compositeur du groupe, créé à Tananarive au milieu des années 70. Il a écrit et composé la quasi-totalité du répertoire, mêlant influences occidentales et musique traditionnelle malgache.

Quand Lolo sy ny Tariny s’est-il produit à La Cigale ?
Le groupe s’est produit à La Cigale lors d’un concert resté dans la mémoire d’une partie du public malgache de France, documenté depuis par plusieurs captations vidéo amateurs toujours visibles en ligne. Aucune nouvelle date n’est actuellement programmée dans cette salle.

Quelles sont les chansons les plus connues de Lolo sy ny Tariny ?
Le groupe est notamment connu pour des titres évoquant l’amour, la vie quotidienne à Madagascar et la situation politique de l’île, transmis de génération en génération malgré une discographie officielle limitée à un seul album studio.

Combien d’albums studio Lolo sy ny Tariny a-t-il enregistré ?
Le groupe n’a officiellement enregistré qu’un seul album studio, sorti au tout début des années 80, ce qui n’a pas empêché ses chansons de devenir immensément populaires à Madagascar et dans la diaspora.

Qui est Hanitra dans le groupe Lolo sy ny Tariny ?
Hanitra est la chanteuse historique du groupe, dont la voix a longtemps porté la dimension polyphonique caractéristique du style de Lolo sy ny Tariny, mêlant chœurs et guitares acoustiques.

Le groupe Lolo sy ny Tariny se produit-il encore aujourd’hui ?
Oui, le groupe reste actif et continue de se produire à Madagascar, notamment lors de concerts réunissant plusieurs générations d’artistes malgaches, aux côtés de formations comme Mahaleo ou Samoela.

Où peut-on écouter la musique de Lolo sy ny Tariny en France ?
En dehors des rares concerts organisés en France, les chansons du groupe circulent principalement via les plateformes de streaming et les partages communautaires, notamment au sein de la diaspora malgache installée à Paris et dans d’autres grandes villes françaises.

Pourquoi confond-on parfois Lolo sy ny Tariny avec Lolo Zouaï ?
Cette confusion vient d’une simple homonymie : Lolo Zouaï est une chanteuse franco-américaine de pop, sans lien avec le groupe malgache Lolo sy ny Tariny, bien que les deux artistes se soient produits à La Cigale à des époques différentes.

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