Le groupe 18.3 rap malgache incarne à lui seul l’histoire du hip-hop à Madagascar. Formé à la fin des années 1990 par trois artistes visionnaires, ce collectif a marqué plusieurs générations de mélomanes avec son style unique mêlant humour, textes engagés et flow impeccable. Leurs morceaux ont traversé les décennies, faisant d’eux des figures incontournables de la scène musicale urbaine malgache.
Dès leurs débuts, Tongue Nat et Slam Jah ont su créer une identité artistique forte, portée par des productions audacieuses et des paroles qui résonnent encore aujourd’hui. Leur influence sur la culture malgache contemporaine reste indéniable, comme en témoignent leurs retours sur scène et l’engouement constant de leur public.
Table of Contents
Qui est le groupe 18.3 : légende du hip-hop gasy
Le groupe 18.3 rap malgache tire son nom de l’hôpital psychiatrique d’Anjanamasina, situé au kilomètre 18 de la route principale d’Antananarivo. Cette référence au fameux « PK 18 » symbolise leur approche décalée et humoristique de la musique. Les fondateurs ont choisi ce nom pour exprimer leur originalité, se présentant comme des « adaladala » (fous) qui osent briser les conventions musicales de leur époque.
Tongue Nat, de son vrai nom Onja Nirina Ralambomamy, et Slam Jah (Fanjaniasy Rahovarimanga) forment le duo initial en 1998. Leur chimie artistique crée immédiatement une dynamique explosive sur la scène hip-hop malgache. L’arrivée de Davy transforme le duo en trio, donnant naissance à la formation légendaire qui marquera l’histoire du rap gasy.
Ces artistes partagent une passion commune pour le rythme et la poésie urbaine. Leur approche musicale combine des beats percutants avec des textes qui reflètent le quotidien des jeunes Tananariviens. Cette authenticité devient rapidement leur signature artistique.
Les membres fondateurs et leur parcours artistique
Tongue Nat se distingue par sa voix reconnaissable et ses jeux de mots inventifs. Influencé par le hip-hop américain et les réalités sociales malgaches, il développe un style personnel qui allie technicité et accessibilité. Son énergie sur scène captive le public dès les premières prestations du groupe.
Slam Jah apporte une dimension plus réflexive au collectif. Ses textes illustrent les problématiques des quartiers populaires avec une sensibilité particulière. Après la séparation du groupe, il poursuit une carrière solo enrichissante et collabore avec des musiciens traditionnels comme Rajery, explorant les passerelles entre rap et musique ancestrale malgache.
Davy, réalisateur de talent, contribue à l’identité visuelle et artistique du trio pendant leurs années dorées. Son départ marque une transition vers de nouvelles configurations, mais son influence reste perceptible dans l’esthétique du groupe.
Histoire du groupe 18.3 : des débuts à aujourd’hui
L’aventure commence véritablement en 1997, lorsque Tongue Nat et Slam Jah se rencontrent dans les cercles underground du hip-hop tananarivien. Tous deux évoluaient alors en solo, cherchant leur voie dans un mouvement culturel encore embryonnaire à Madagascar. La dissolution du collectif K’vamdona libère ces énergies créatrices.
En 1998, le duo enregistre « Adala be roa » (Deux grands fous), leur premier morceau qui annonce leur philosophie artistique. Ce titre pose les bases d’un style caractérisé par l’autodérision et la critique sociale déguisée. L’ajout de Davy à la formation crée la dynamique du groupe 18.3 rap malgache tel qu’on le connaîtra.
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L’explosion de 1999 avec « M’nday Figo »
Le 11 décembre 1999 marque un tournant majeur avec la sortie de leur premier album « M’nday Figo » (Fou à lier) sous le label Brown Sugar Production. Cette œuvre révolutionne le paysage musical malgache en prouvant que le rap local peut rivaliser avec les productions internationales. Le disque sort simultanément en CD et cassette, formats qui permettent une large diffusion.
Le single « Minday fihogo » (Porter un peigne dans ses cheveux) devient instantanément un phénomène culturel. Son refrain entêtant et son clip original séduisent bien au-delà du cercle des puristes du hip-hop. Les radios diffusent massivement le titre, propulsant le groupe au rang de stars nationales.
L’album contient également des morceaux comme « Anjanamasina » où le trio martèle joyeusement : « Zahay telo m’tsam adala tia mozika » (On est tous les trois des dingos mais on connaît la musique). Cette auto-célébration humoristique résume parfaitement leur identité artistique. La participation du DJ légendaire Mister T enrichit la production.
Les années de transition et projets solos
Après leur succès initial, le trio se sépare progressivement au début des années 2000. Cette pause permet à chaque membre d’explorer des horizons artistiques différents. Tongue Nat se consacre entièrement au rap, maintenant vivante la flamme du groupe 18.3 rap malgache à travers ses performances.
En 2006, une tentative de retour se concrétise avec l’album « Zamahany », réalisé en collaboration avec Kayah. Le morceau « Number One » rappelle le talent du collectif, même si l’impact commercial reste modeste comparé à leurs débuts fulgurants.
L’année 2013 voit Tongue Nat et Slam Jah sortir simultanément leurs albums solos respectifs. « Harena an-kibon’i Tongue » (Richesse dans les tripes de Tongue) pour le premier, et « Mdecl’Art aho sao de perte » (Déclaration de perte) pour le second témoignent de leur évolution artistique. Ces projets personnels enrichissent leur palette créative tout en préservant leur notoriété individuelle.
| Période | Formation | Événement majeur | Album/Single |
|---|---|---|---|
| 1998 | Tongue Nat + Slam Jah | Formation du duo initial | Adala be roa |
| 1999 | Trio (+ Davy) | Premier album légendaire | M’nday Figo |
| 2006 | Avec Kayah | Tentative de retour | Zamahany |
| 2013 | Projets solos | Albums individuels | Harena an-kibon’i Tongue / Mdecl’Art |
| 2016 | + La N Bherindr | Grand comeback officiel | Maizina |
Le grand retour de 2016 : renaissance musicale
Après plus de quinze ans d’absence collective, le groupe annonce son retour en 2016 avec une nouvelle formation. La N Bherindr, chanteur R’n’B du clan Bogota d’Antsirabe, remplace Davy désormais réalisateur international. Cette arrivée insuffle une dimension plus mélodieuse au son du collectif.
Le single « Maizina » (Obscurité) marque ce comeback avec brio. La chanson aborde avec poésie les coupures électriques récurrentes à Madagascar, problématique toujours d’actualité. Les fans redécouvrent un groupe 18.3 rap malgache mature, conservant leur humour légendaire tout en incorporant des sonorités R’n’B contemporaines.
Cette renaissance prouve que leur musique transcende les époques. Les fondateurs ont gagné en maturité vocale et compositionnelle, enrichissant leur palette artistique sans renier leurs racines. Leur capacité d’adaptation aux nouvelles tendances musicales tout en préservant leur identité distinctive impressionne critiques et public.
Style musical et identité artistique du collectif
Le groupe 18.3 se caractérise par un rap humoristique teinté de critique sociale. Leurs textes fonctionnent comme une lame à double tranchant : accessibles au grand public grâce à leur légèreté apparente, ils cachent des observations acérées sur la société malgache. Cette stratégie leur permet de toucher différents publics simultanément.
Leur flow se distingue par sa fluidité et ses rimes arrangées avec précision. Chaque couplet démontre une maîtrise technique rarement égalée dans le hip-hop gasy de cette période. Les puristes apprécient la complexité de leurs constructions lyriques, tandis que le grand public retient les refrains accrocheurs.
La production musicale évolue constamment. Des débuts marqués par un rap old school brut, le collectif intègre progressivement des musiciens live (Rivokely, Toky, Pix, Boris). Cette collaboration avec des instrumentistes constitue une première dans le hip-hop malgache, ouvrant la voie à d’autres formations.
Évolution vers les sonorités R’n’B et Soul
Le retour de 2016 s’accompagne d’une orientation musicale enrichie. L’influence de La N Bherindr introduit des harmonies R’n’B qui complètent parfaitement les bases rap du duo original. Cette fusion crée un son contemporain respectant l’héritage du groupe.
Les collaborations avec des musiciens traditionnels, notamment celles de Slam Jah avec Rajery, illustrent une volonté de dialogue entre modernité urbaine et racines culturelles. Ces expérimentations nourrissent leur créativité et élargissent leur audience. La musique malgache traditionnelle rencontre ainsi le hip-hop dans une synthèse harmonieuse.
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18.3 et le mouvement hip-hop à Madagascar
Pour comprendre l’importance du groupe 18.3 rap malgache, il faut replacer leur émergence dans le contexte culturel des années 1990. Madagascar découvre alors le hip-hop à travers les cassettes importées et les premières diffusions télévisées. Des pionniers comme Da Hopp (anciennement MCM Boys), Fab et Karnaz posent les fondations du mouvement.
Les quartiers d’Antsahamanitra et d’Afondasy deviennent les épicentres de cette culture naissante. C’est dans ces espaces que se forgent les identités artistiques et que s’organisent les premières battles. L’atmosphère créative bouillonnante favorise l’émergence de talents exceptionnels.
Le groupe 18.3 se distingue par son approche unique combinant humour et engagement. Contrairement à d’autres formations privilégiant un rap plus agressif ou militant, ils choisissent la satire et le second degré. Cette originalité leur vaut un succès dépassant largement le cercle des amateurs de hip-hop.
Influence et héritage sur les nouvelles générations
L’impact du trio sur le rap gasy reste indéniable. Leurs expressions et formules sont entrées dans le langage quotidien tananarivien. Des phrases tirées de leurs morceaux ponctuent les conversations, preuve de leur ancrage culturel profond. Cette intégration linguistique témoigne d’une influence dépassant le cadre strictement musical.
De nombreux rappeurs actuels citent 18.3 comme référence majeure. Leur capacité à rendre le rap accessible sans compromettre la qualité artistique inspire les jeunes artistes. La démonstration qu’on peut réussir avec un style personnel, sans copier servilement les codes américains, libère les créativités locales.
Les plateformes comme celles consacrées aux artistes malgaches continuent de relayer leur musique, assurant la transmission aux générations suivantes. Cette pérennité numérique garantit que leur héritage perdure bien au-delà de leurs années d’activité intense.
Comparaison avec les autres acteurs de la scène
Da Hopp et 18.3 représentent deux approches complémentaires du hip-hop malgache. Là où Da Hopp privilégie un rap plus direct et engagé politiquement, le collectif d’Anjanamasina opte pour l’humour et le détournement. Ces différences enrichissent la scène plutôt qu’elles ne la divisent.
Karnaz, autre formation pionnière, explore des territoires stylistiques distincts avant que certains membres ne se tournent vers la variété. Cette diversification des parcours illustre la richesse des possibilités artistiques offertes aux rappeurs malgaches de cette génération fondatrice.
Le festival Afondasy de 2005 réunit ces légendes sur scène, créant un moment historique pour le hip-hop gasy. Cette manifestation prouve la vitalité du mouvement et sa capacité à rassembler un public nombreux et enthousiaste, bien que ces grands événements se raréfient ensuite.
Discographie : albums et morceaux emblématiques
L’album « M’nday Figo » reste le sommet créatif du groupe 18.3 rap malgache. Sorti à une époque où le rap local cherche encore ses marques, il établit des standards de production et d’écriture. Les onze titres proposent un voyage sonore cohérent, alternant morceaux festifs et textes plus réflexifs.
Les tubes « Minday fihogo » et « Anjanamasina » définissent leur identité musicale. Le premier séduit par son absurdité assumée (qui porte un peigne dans ses cheveux?), tandis que le second célèbre leur origine géographique et philosophique. « Tany an-dafy » complète cette trilogie de classiques incontournables.
Les morceaux destinés aux puristes comme « Fanja » et « Mpamadika » démontrent leur double approche stratégique. Cette dualité leur permet de satisfaire simultanément le grand public et les connaisseurs exigeants du hip-hop. Chaque sortie vise un équilibre délicat entre accessibilité et authenticité underground.
Productions solos et collaborations notables
Tongue Nat développe sa carrière solo avec persévérance après la première séparation. Son album « Harena an-kibon’i Tongue » reflète son évolution personnelle tout en conservant l’esprit qui faisait le charme du groupe. Ses performances live maintiennent l’intérêt du public pendant les années creuses du collectif.
Slam Jah explore des territoires musicaux diversifiés. Son projet « Mdecl’Art aho sao de perte » mêle rap et influences world music. Sa collaboration fructueuse avec Rajery, virtuose de la valiha, crée un pont unique entre tradition et modernité urbaine. Cette expérimentation enrichit considérablement le paysage musical malgache.
Le morceau « Maizina » du retour 2016 prouve que le trio peut encore surprendre et innover. Les sonorités R’n’B se greffent naturellement sur leur base rap, créant une œuvre contemporaine qui parle aux nouvelles générations tout en satisfaisant les fans historiques. Cette capacité d’évolution sans trahison garantit leur pertinence artistique.
Où découvrir et écouter 18.3 aujourd’hui
La musique du groupe 18.3 reste accessible malgré les années. Les plateformes de streaming comme Spotify et Deezer proposent leurs principaux titres, permettant aux mélomanes du monde entier de découvrir ce pan essentiel du hip-hop malgache. Les algorithmes de recommandation introduisent régulièrement de nouveaux auditeurs à leur univers.
Dailymotion héberge plusieurs clips vidéo du collectif, dont certains documents rares de leurs premières années. Ces archives visuelles complètent l’expérience auditive en montrant l’énergie scénique et l’esthétique du groupe. YouTube propose également des reprises et hommages témoignant de leur influence durable.
Le site Tononkira Malagasy archive leurs paroles, ressource précieuse pour les chercheurs et les fans souhaitant analyser la profondeur de leurs textes. Cette documentation permet d’apprécier pleinement la richesse linguistique et les jeux de mots qui caractérisent leur écriture. Les mots deviennent ainsi objets d’étude culturelle.
Les concerts occasionnels et apparitions live maintiennent le lien direct avec leur public. Ces événements rares génèrent un engouement considérable, prouvant que leur popularité demeure intacte. La scène reste le lieu privilégié où s’exprime pleinement la magie de leur performance collective.
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L’héritage culturel du groupe 18.3
Au-delà de leur succès commercial, le groupe 18.3 rap malgache a profondément influencé la culture urbaine tananarivienne. Leur vocabulaire, leurs expressions et leur attitude ont façonné toute une génération de jeunes. L’humour comme vecteur de critique sociale devient une marque de fabrique imitée mais rarement égalée.
Leur contribution à la légitimation du rap malgache comme genre artistique à part entière reste fondamentale. Avant eux, le hip-hop local peinait à se faire reconnaître au-delà des cercles underground. Leur succès grand public ouvre les portes des médias traditionnels aux rappeurs malgaches, normalisant cette expression culturelle.
L’approche humoristique du collectif démontre que la musique engagée n’exige pas nécessairement un ton grave et sentencieux. La satire et le second degré peuvent véhiculer des messages puissants tout en divertissant. Cette leçon inspire aujourd’hui de nombreux artistes cherchant à équilibrer engagement et accessibilité.
Leur histoire résonne particulièrement auprès des créateurs indépendants. Réussir sans compromettre son identité artistique, maintenir sa pertinence à travers les décennies, réinventer son son sans renier ses racines : autant de défis qu’ils ont relevés avec brio. Leur parcours devient ainsi un modèle de résilience créative.
Perspectives et actualité du collectif
Le statut actuel du groupe reste partiellement mystérieux pour les observateurs extérieurs. Les apparitions sporadiques entretiennent l’intérêt sans satisfaire complètement les attentes des fans. Cette rareté stratégique préserve peut-être la magie de leurs retrouvailles scéniques.
Les projets parallèles des membres continuent d’enrichir le paysage musical malgache. Slam Jah poursuit ses explorations aux frontières du rap et de la musique traditionnelle. Tongue Nat maintient vivante la flamme du hip-hop pur et dur à travers ses performances. Ces activités individuelles nourrissent potentiellement de futures collaborations collectives.
Les nouvelles technologies et plateformes numériques offrent des opportunités inédites pour redécouvrir leur catalogue. Les jeunes générations découvrent leurs classiques via TikTok ou Instagram, créant des ponts inattendus entre époques. Cette transmission numérique garantit que leur héritage traverse les générations avec un dynamisme renouvelé.
L’influence du collectif sur la langue et la culture malgaches continue de se manifester dans des contextes variés. Leurs expressions ponctuent toujours les conversations, leurs mélodies résonnent dans les quartiers. Cette présence diffuse mais constante témoigne d’une intégration culturelle profonde et durable.
18.3 dans le contexte musical francophone
Le groupe 18.3 s’inscrit dans une tradition francophone du rap qui valorise le texte et le flow. Bien qu’ancrés dans la réalité malgache, leurs techniques d’écriture rappellent les grands maîtres français du genre. Cette double appartenance, locale et internationale, enrichit leur proposition artistique.
La scène hip-hop francophone mondiale a progressivement reconnu l’importance des scènes périphériques comme celle de Madagascar. Des artistes malgaches comme ceux documentés dans les archives musicales contribuent à cette diversification du rap en français. Le collectif d’Anjanamasina participe à ce mouvement de décentralisation culturelle.
Leur approche humoristique trouve des échos chez certains rappeurs français qui privilégient également le second degré. Cette convergence stylistique facilite les dialogues interculturels et les possibles collaborations futures. Le rap francophone se révèle ainsi un espace d’échanges dépassant les frontières nationales.
Pourquoi 18.3 reste incontournable
Trois décennies après leurs débuts, le groupe 18.3 rap malgache conserve une place unique dans l’histoire culturelle de Madagascar. Leur capacité à conjuguer humour et profondeur, accessibilité et exigence artistique, tradition et innovation explique cette longévité exceptionnelle. Peu d’artistes parviennent à maintenir leur pertinence aussi longtemps.
Les générations successives trouvent dans leur musique des résonances différentes. Les aînés y voient la bande-son de leur jeunesse, un rappel nostalgique des années fondatrices du hip-hop malgache. Les plus jeunes découvrent des textes qui parlent toujours à leur réalité quotidienne, preuve que certains thèmes transcendent les époques.
Leur influence dépasse largement le cadre musical pour toucher la langue, l’humour et l’attitude d’une nation entière. Cette empreinte culturelle profonde justifie amplement leur statut légendaire. Le groupe devient ainsi un marqueur identitaire pour plusieurs générations de Malgaches, au même titre que d’autres symboles culturels fondateurs.
L’histoire du collectif illustre parfaitement comment l’art peut transformer une société. En démocratisant le rap, en prouvant que les artistes locaux peuvent rivaliser avec les productions étrangères, en créant un vocabulaire partagé et des références communes, ils ont façonné durablement le paysage culturel malgache. Cette contribution dépasse largement le cadre de quelques albums réussis.
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FAQ
Qui sont les membres originaux du groupe 18.3?
Le groupe 18.3 rap malgache a été fondé par Tongue Nat (Onja Nirina Ralambomamy) et Slam Jah (Fanjaniasy Rahovarimanga) en 1998. Davy les rejoint rapidement pour former le trio légendaire qui sortira l’album « M’nday Figo » en 1999. Depuis leur retour en 2016, La N Bherindr remplace Davy, apportant une dimension R’n’B au son du groupe. Tongue Nat et Slam Jah demeurent les piliers constants du collectif à travers toutes ses configurations successives.
Que signifie exactement le nom 18.3?
Le nom 18.3 fait référence à l’hôpital psychiatrique d’Anjanamasina situé au kilomètre 18 (PK 18) de la route principale d’Antananarivo. Les membres se surnomment « adaladala » (les fous), symbolisant leur approche décalée et humoristique de la musique. Ce choix reflète leur philosophie artistique basée sur l’originalité et le second degré. Le nom évoque également leur capacité à écrire « des paroles que les gens normaux n’auraient pu écrire », comme le soulignent affectueusement les anciens du hip-hop malgache.
Quel est le morceau le plus connu de 18.3?
Le titre « Minday fihogo » (Porter un peigne dans ses cheveux) reste incontestablement leur plus grand succès. Sorti en 1999 sur l’album « M’nday Figo », ce morceau combine un flow parfait, des rimes bien arrangées et un texte humoristique caractéristique du groupe. Le refrain entêtant et le clip déjanté ont propulsé le trio au rang de stars nationales, franchissant les frontières du public hip-hop pour toucher le grand public malgache. « Anjanamasina » constitue également un classique incontournable célébrant leur identité artistique.
Pourquoi 18.3 est-il considéré comme pionnier du rap gasy?
Le groupe 18.3 rap malgache fait partie de la première vague d’artistes qui ont structuré et popularisé le hip-hop à Madagascar dès la fin des années 1990. Leur album « M’nday Figo » (1999) établit des standards de production et d’écriture encore référencés aujourd’hui. Ils innovent en collaborant avec des musiciens live, une première dans le rap malgache de l’époque. Leur approche humoristique et accessible démocratise le genre auprès d’un public bien plus large que les seuls amateurs de hip-hop, ouvrant ainsi la voie aux générations suivantes.
Le groupe 18.3 est-il toujours actif aujourd’hui?
Le groupe 18.3 a effectué un retour remarqué en 2016 après plus de quinze ans d’absence collective, sortant le single « Maizina » avec une nouvelle formation incluant La N Bherindr. Tongue Nat et Slam Jah poursuivent également des carrières solos parallèles. Bien que leurs apparitions publiques restent sporadiques, le collectif n’a jamais officiellement annoncé de séparation définitive. Leurs membres continuent d’influencer la scène musicale malgache à travers divers projets, maintenant vivant l’héritage du groupe même pendant les périodes sans nouvelle production commune.
Où peut-on écouter la musique de 18.3?
La discographie du groupe 18.3 est disponible sur les principales plateformes de streaming comme Spotify et Deezer. Les clips vidéo se trouvent sur Dailymotion et YouTube, incluant des archives rares de leurs premières années. Le site Tononkira Malagasy propose leurs paroles complètes pour ceux souhaitant analyser leurs textes. Les morceaux circulent également via diverses compilations de rap gasy et les radios malgaches continuent de diffuser leurs classiques régulièrement, témoignant de leur popularité durable.
Quelle différence entre 18.2 et 18.3?
Le passage de 18.2 à 18.3 correspond à l’évolution de la formation du groupe. Le duo initial Tongue Nat et Slam Jah formait 18.2 en 1998. L’arrivée de Davy en 1999 transforme le collectif en trio, donnant naissance à 18.3 qui sortira l’album légendaire « M’nday Figo ». Le chiffre reflète simplement le nombre de membres actifs dans la configuration du groupe à chaque période. Cette nomenclature illustre également la fluidité des formations hip-hop et l’importance des dynamiques collectives dans la création artistique.
Quels sont les albums du groupe 18.3?
La discographie officielle du groupe 18.3 rap malgache comprend l’album fondateur « M’nday Figo » sorti le 11 décembre 1999 sous le label Brown Sugar Production. Ce disque contient leurs plus grands succès dont « Minday fihogo » et « Anjanamasina ». En 2006, ils sortent « Zamahany » en collaboration avec Kayah, marquant une tentative de retour après plusieurs années. Les membres ont également produit des albums solos : « Harena an-kibon’i Tongue » (2013) pour Tongue Nat et « Mdecl’Art aho sao de perte » (2013) pour Slam Jah. Le single « Maizina » (2016) annonce leur grand comeback.



