Préparer un voyage sur la Grande Île nécessite de bien comprendre le système financier local. La monnaie à Madagascar, l’ariary, présente plusieurs particularités qui peuvent dérouter les voyageurs non préparés. Entre l’ancienne devise encore utilisée dans la vie quotidienne, les taux de change fluctuants et les moyens de paiement limités, la gestion de votre argent sur place demande quelques connaissances pratiques. Ce guide complet vous explique tout ce qu’il faut savoir sur la devise malgache, du change aux retraits bancaires, en passant par les conseils pour optimiser votre budget sur l’île.
Table of Contents
L’ariary, devise officielle de la Grande Île
Depuis janvier 2005, l’ariary est la seule monnaie à Madagascar reconnue officiellement. Son code ISO international est MGA et son symbole local s’écrit « Ar ». Cette unité monétaire se subdivise théoriquement en 5 iraimbilanja, faisant de l’ariary l’une des rares devises non décimales au monde avec l’ouguiya mauritanien.
Origine et étymologie de l’ariary
Le nom « ariary » trouve ses racines dans le mot arabe « al ryal », témoignage historique des échanges commerciaux séculaires entre Madagascar et le monde arabe. Cette appellation était déjà utilisée à l’époque du royaume de Madagascar au XIXe siècle, bien avant la colonisation française. Le retour à cette dénomination en 2005 symbolise la volonté du pays de s’affranchir de l’héritage colonial.
Une monnaie non convertible
L’ariary possède une caractéristique contraignante pour les voyageurs : cette devise n’est valable que sur le territoire malgache. Vous ne pouvez ni l’acheter avant votre départ, ni la reconvertir facilement une fois sorti du pays. Cette particularité impose de bien calculer vos besoins avant de changer vos euros ou dollars, et surtout de dépenser vos arirarys restants avant de quitter l’île.
Le franc malgache, présence persistante dans la vie quotidienne
Bien que le franc malgache ait été officiellement remplacé en 2005, cette ancienne devise reste omniprésente dans les discussions quotidiennes des Malgaches. Comprendre cette dualité monétaire vous évitera bien des confusions lors de vos achats sur les marchés ou avec les chauffeurs de taxi.
Équivalence entre ariary et franc
La conversion entre les deux unités suit une règle simple : 1 ariary équivaut exactement à 5 francs malgaches. Ainsi, un prix de 10 000 Ar correspond à 50 000 Fmg. Cette équivalence fixe permet aux habitants de jongler entre les deux systèmes selon leurs habitudes ou leur génération. Les personnes âgées et les commerçants des marchés traditionnels privilégient souvent le franc malgache dans leurs annonces de prix.
Pourquoi cette double référence persiste-t-elle?
Après plusieurs décennies d’utilisation du franc malgache entre 1960 et 2005, les Malgaches ont développé des repères mentaux solides avec cette ancienne monnaie. Le passage à l’ariary n’a pas effacé instantanément ces habitudes ancrées. Dans les zones rurales particulièrement, le franc malgache reste la référence privilégiée pour exprimer les prix. Cette situation crée parfois des malentendus avec les touristes qui peuvent se retrouver à payer cinq fois plus cher que prévu s’ils ne vérifient pas l’unité utilisée.
| Montant en Ariary | Équivalent Franc Malgache | Valeur approximative en Euro |
|---|---|---|
| 1 000 Ar | 5 000 Fmg | 0,20 € |
| 5 000 Ar | 25 000 Fmg | 1,00 € |
| 10 000 Ar | 50 000 Fmg | 2,00 € |
| 50 000 Ar | 250 000 Fmg | 10,00 € |
| 100 000 Ar | 500 000 Fmg | 20,00 € |
Billets et pièces en circulation
Le système fiduciaire malgache se compose de huit billets et trois pièces principales. Chaque coupure illustre la richesse naturelle et culturelle de Madagascar à travers des motifs représentant la biodiversité endémique, le patrimoine architectural ou les infrastructures du pays.
Les huit coupures de billets
Les billets d’ariary se déclinent en 100, 200, 500, 1 000, 2 000, 5 000, 10 000 et 20 000 Ar. Cette dernière coupure, introduite en 2017, représente le billet de plus haute valeur disponible, équivalant à environ 4 euros. Une particularité notable : chaque billet porte en petits caractères la mention de sa contre-valeur en franc malgache, facilitant la transition pour la population locale.
Les illustrations varient selon les valeurs. Le billet de 20 000 Ar affiche l’usine d’Ambatovy, l’une des plus grandes mines de nickel et cobalt au monde. Le billet de 10 000 Ar représente le port d’Ehoala à Fort Dauphin, deuxième port de la région de l’océan Indien. Les coupures plus modestes mettent en avant la cathédrale d’Ambozontany, les cascades du parc national de la Montagne d’Ambre, ou encore la colline royale d’Ambohimanga classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pièces de monnaie disponibles
Les pièces de 10, 20 et 50 ariarys constituent l’essentiel de la monnaie divisionnaire en circulation. Les plus petites coupures de 1, 2 et 5 Ar existent théoriquement mais leur usage reste marginal dans la vie courante. Leur faible valeur les rend peu pratiques pour les transactions quotidiennes. Beaucoup de commerces arrondissent d’ailleurs les prix pour éviter de manipuler ces petites pièces.
Taux de change et conversion : combien vaut l’ariary?
La monnaie à Madagascar affiche une valeur relativement faible comparée aux devises occidentales. En février 2026, le taux de change oscille autour de 5 000 ariarys pour 1 euro, avec des variations régulières liées aux fluctuations du marché et à la situation économique du pays.
Évolution historique du taux
Lors de son adoption officielle en 2005, l’ariary s’échangeait à environ 1 400 Ar pour 1 euro. Depuis, la devise malgache n’a cessé de se déprécier face aux monnaies fortes. Cette tendance baissière continue reflète les défis économiques du pays, avec une inflation persistante et des réserves de change limitées. Pour les voyageurs, cette dépréciation signifie un pouvoir d’achat avantageux, mais pour la population locale, elle érode constamment le salaire moyen à Madagascar.
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Conversions pratiques euro-ariary
Pour faciliter vos calculs mentaux sur place, retenez qu’un billet de 50 euros vous donnera approximativement 250 000 Ar, et un billet de 100 euros environ 500 000 Ar. Les bureaux de change proposent généralement des taux légèrement plus favorables pour les grosses coupures. Un billet de 50 ou 100 euros sera donc mieux valorisé qu’une série de billets de 10 ou 20 euros.
Le dollar américain reste également accepté comme devise de change dans les grandes villes et zones touristiques. Comptez environ 4 500 Ar pour 1 dollar US. Le franc suisse s’échange quant à lui aux alentours de 5 400 Ar pour 1 CHF, mais reste moins courant que l’euro ou le dollar.
Où et comment échanger vos devises?
Plusieurs options s’offrent à vous pour convertir vos euros en ariarys une fois sur place. Chaque solution présente ses avantages et inconvénients en termes de taux, de rapidité et de sécurité.
Bureaux de change : la meilleure option
Les bureaux de change constituent généralement le choix le plus avantageux pour obtenir des ariarys. Présents à l’aéroport international d’Ivato et dans les principales villes comme Antananarivo, Toamasina, Mahajanga ou Nosy Be, ils proposent des taux plus compétitifs que les banques avec une commission oscillant entre 1 et 2% du montant échangé.
XChange Madagascar à Antananarivo dans le quartier d’Ivandry figure parmi les adresses recommandées dans la capitale. À Nosy Be, Royal Change jouit d’une bonne réputation auprès des voyageurs. Ces établissements affichent clairement leurs cours et permettent des transactions rapides sans paperasse excessive.
Banques et établissements financiers
Les principales banques malgaches acceptent le change de devises : BNI Madagascar, BFV-Société Générale, BOA Madagascar et Access Banque Madagascar. Toutefois, leurs taux se révèlent moins favorables que les bureaux de change indépendants, avec un décalage de 5 à 8% sous le taux de référence du marché interbancaire. En contrepartie, elles offrent une sécurité optimale et des horaires réguliers en semaine de 8h à 11h puis de 14h à 16h.
Change à l’aéroport : pratique mais coûteux
Dès votre arrivée à l’aéroport international, vous trouverez des comptoirs de change ouverts aux horaires des vols. Cette solution dépanne pour obtenir rapidement quelques ariarys destinés au taxi ou aux premières dépenses. Cependant, les taux appliqués comptent parmi les moins avantageux. Privilégiez cette option uniquement pour de petites sommes, puis changez le gros de votre argent en ville.
Le marché noir : à éviter absolument
Certains changeurs de rue proposent parfois des taux alléchants dans les zones touristiques. Cette pratique illégale expose à de sérieux risques : faux billets en circulation, arnaques diverses, voire agressions. Les autorités malgaches répriment ces transactions informelles. Pour votre sécurité et votre tranquillité, cantonnez-vous exclusivement aux circuits officiels.
Retirer de l’argent aux distributeurs automatiques
Les distributeurs automatiques de billets représentent une alternative pratique au change traditionnel, surtout pour ceux qui souhaitent éviter de transporter trop d’argent liquide. Leur disponibilité et leur fonctionnement présentent néanmoins certaines spécificités à connaître.
Disponibilité et localisation des DAB
Les grandes villes malgaches disposent d’un réseau de distributeurs rattachés aux principales banques. Antananarivo concentre le plus grand nombre de DAB, suivie par Tamatave, Mahajanga, Antsirabe et Nosy Be. En revanche, les zones rurales et les petites agglomérations en sont généralement dépourvues. Planifiez donc vos retraits avant de vous aventurer hors des circuits urbains.
Cartes bancaires acceptées
La carte Visa bénéficie d’une acceptation quasi universelle dans tous les distributeurs malgaches. La Mastercard fonctionne dans un nombre plus restreint d’établissements, principalement à la BOA et à la CA-BNI. Quant à l’American Express, elle demeure pratiquement inutilisable sur l’île. Vérifiez bien la compatibilité de votre carte avant de partir.
Limites et contraintes de retrait
Chaque retrait se limite généralement à 40 billets, soit un montant variant entre 400 000 et 600 000 ariarys selon les distributeurs et les banques. Cette restriction peut sembler contraignante, mais vous pouvez effectuer plusieurs retraits consécutifs si nécessaire. Attention toutefois aux frais bancaires qui s’accumulent à chaque opération.
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Les distributeurs tombent parfois en panne ou se retrouvent à court de liquidités, particulièrement les weekends et en fin de mois lors des périodes de paie. Anticipez ces aléas en retirant suffisamment d’argent en semaine et en conservant toujours une réserve de sécurité.
Frais bancaires et solutions pour les limiter
Les retraits internationaux engendrent des coûts non négligeables qui peuvent vite grever votre budget voyage. Une bonne préparation permet de minimiser ces dépenses.
Nature des frais appliqués
Les banques traditionnelles facturent généralement trois types de frais lors d’un retrait à l’étranger. D’abord, des frais fixes par opération oscillant entre 3 et 5 euros. Ensuite, une commission de change variable selon l’établissement, souvent autour de 2 à 3%. Enfin, certaines banques ajoutent des frais supplémentaires pour les retraits hors zone euro.
Cartes bancaires sans frais internationaux
Plusieurs néobanques proposent des cartes adaptées aux voyageurs fréquents. Revolut, Wise (anciennement TransferWise) et N26 permettent des retraits gratuits jusqu’à un certain plafond mensuel, généralement entre 200 et 1000 euros selon les formules. Au-delà de ce quota, une commission minimale de 0,5% s’applique. Ces solutions représentent une économie substantielle par rapport aux banques classiques.
Moyens de paiement acceptés sur l’île
Madagascar fonctionne essentiellement sur une économie de cash. Contrairement aux pays occidentaux où la carte bancaire domine, les espèces restent indispensables pour la quasi-totalité des transactions quotidiennes.
Prédominance des espèces
Que ce soit pour payer un repas dans un restaurant local, régler votre chambre d’hôtel de catégorie moyenne, prendre un taxi-brousse ou acheter des fruits à Madagascar sur les marchés, vous aurez constamment besoin d’argent liquide. Gardez toujours sur vous des petites coupures, car les commerçants et chauffeurs de taxi manquent souvent de monnaie pour rendre sur les gros billets.
Utilisation limitée de la carte bancaire
Seuls les grands hôtels internationaux, quelques restaurants touristiques haut de gamme et certaines boutiques de luxe acceptent les paiements par carte. Même dans ces établissements, méfiez-vous des majorations fréquentes de 5 à 10% appliquées sur les règlements électroniques. Par ailleurs, les réseaux de télécommunication parfois instables peuvent rendre les transactions par carte aléatoires.
Mobile money et paiements électroniques
Les services de mobile money gagnent du terrain à Madagascar. Mvola de l’opérateur Telma, Airtel Money et Orange Money permettent des transferts d’argent et des paiements via téléphone portable. Ces solutions facilitent la vie dans les zones rurales dépourvues d’agences bancaires. Toutefois, leur usage reste principalement local et peu adapté aux touristes de passage.
Budget et coût de la vie avec l’ariary
Comprendre le pouvoir d’achat local aide à mieux appréhender la valeur de la monnaie à Madagascar et à établir un budget réaliste pour votre séjour.
Salaires et revenus locaux
Le salaire minimum légal s’établit à 262 680 ariarys mensuels dans le secteur non agricole, soit environ 50 euros. Dans la réalité, le salaire médian tourne autour de 108 250 Ar par mois, équivalant à peine 22 euros. Ces chiffres placent 80% de la population malgache sous le seuil international de pauvreté fixé à 2,15 dollars par jour. Cette situation économique difficile explique le faible coût de la vie pour les visiteurs étrangers.
Exemples de prix courants
Un repas complet dans un restaurant de gamme moyenne coûte entre 12 000 et 30 000 Ar, soit 2,50 à 6 euros. Une nuit dans un hôtel correct se facture de 33 200 à 80 000 Ar selon le confort et l’emplacement. Les transports locaux restent très abordables avec des courses de taxi-be (minibus collectifs) à partir de 500 Ar en ville. Une bouteille d’eau minérale vaut environ 1 000 à 2 000 Ar dans les commerces.
Budget journalier recommandé
Pour un voyage en mode routard avec hébergements basiques et repas locaux, comptez 15 à 25 euros par jour. Un budget confort avec hôtels de catégorie moyenne et quelques restaurants touristiques nécessite 40 à 70 euros quotidiens. Les voyageurs recherchant le haut de gamme avec lodges luxueux et excursions organisées dépasseront facilement 100 euros par jour.
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Crypto-monnaies : statut et possibilités
L’univers des crypto-monnaies suscite un intérêt croissant à Madagascar, même si leur statut juridique demeure flou et leur utilisation marginale.
Position officielle des autorités
La Banque centrale de Madagascar a publié en octobre 2021 une mise en garde officielle concernant les crypto-actifs. Ces derniers ne bénéficient d’aucune réglementation ni reconnaissance légale sur le territoire malgache. Ils ne possèdent pas de cours légal et ne peuvent servir officiellement de moyen de paiement. Les autorités monétaires alertent particulièrement sur les risques de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et d’instabilité financière.
Acheter des crypto-monnaies depuis Madagascar
Malgré l’absence de cadre légal, plusieurs plateformes internationales permettent aux résidents malgaches d’acquérir des crypto-actifs. AvaTrade, Binance, Bitget ou SpectroCoin acceptent les inscriptions depuis Madagascar. Les moyens de paiement incluent les cartes bancaires Visa et Mastercard, les virements bancaires, PayPal ou certains services de transfert d’argent. Notez l’absence totale de distributeurs automatiques de Bitcoin sur l’île.
Risques et précautions
Investir dans les crypto-monnaies à Madagascar comporte des dangers spécifiques. L’extrême volatilité des cours peut entraîner des pertes financières majeures. L’absence de protection des consommateurs signifie qu’aucun recours n’existe en cas de piratage de plateforme ou d’escroquerie. Les transactions, difficilement traçables et anonymes, échappent à tout contrôle étatique. Seuls les investisseurs expérimentés comprenant parfaitement ces risques devraient s’aventurer dans ce domaine.
Conseils pratiques pour bien gérer votre argent
Une bonne organisation financière garantit un séjour serein sur la Grande Île. Voici les recommandations essentielles basées sur l’expérience des voyageurs réguliers.
Préparatifs avant le départ
Inutile de chercher à acheter des ariarys avant votre voyage, cette devise restant introuvable hors de Madagascar. Prévoyez simplement d’emporter des euros ou des dollars en liquide, de préférence en billets de 50 et 100 euros qui bénéficient généralement de meilleurs taux de change. Vérifiez l’état de vos billets car les bureaux de change refusent les coupures abîmées, déchirées ou trop usagées.
Informez votre banque de vos dates de voyage pour éviter un blocage de votre carte bancaire par mesure de sécurité. Notez également les numéros d’urgence pour opposition en cas de perte ou de vol. Augmentez temporairement vos plafonds de retrait si nécessaire pour éviter de multiplier les opérations payantes.
Sur place : bonnes pratiques
Dès votre première transaction, prenez l’habitude systématique de vérifier si les prix sont annoncés en ariarys ou en francs malgaches. Posez explicitement la question au vendeur en cas de doute pour éviter de payer cinq fois le prix réel. Cette vigilance s’impose particulièrement sur les marchés et avec les taxis.
Conservez toujours une réserve de petites coupures. Les billets de 1 000 et 2 000 Ar facilitent grandement les petites dépenses quotidiennes comme les taxis, les snacks ou les pourboires. Les chauffeurs de taxi et vendeurs de rue manquent chroniquement de monnaie pour rendre sur les gros billets.
Pour des raisons de sécurité, évitez d’exhiber de grosses liasses de billets en public. Répartissez votre argent dans plusieurs poches ou cachettes différentes. Laissez l’essentiel de vos liquidités à l’hôtel dans un coffre-fort si disponible, et ne transportez que le nécessaire pour la journée. La petite délinquance existe dans certaines zones touristiques, mieux vaut rester discret.
Avant votre retour
La législation malgache limite strictement l’exportation de devises locales. Vous ne pouvez quitter le territoire qu’avec un maximum de 400 000 ariarys en liquide. Au-delà, les douanes peuvent confisquer l’excédent. Planifiez donc de dépenser vos ariarys restants dans les derniers jours ou de les reconvertir à Antananarivo, seule ville où cette opération reste possible.
Gardez précieusement tous vos reçus de change durant votre séjour. Les autorités peuvent les exiger lors des contrôles douaniers pour justifier l’origine de vos ariarys. Ces justificatifs facilitent également la reconversion de vos ariarys en euros si vous en avez encore avant votre départ.
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Spécificités régionales et variantes
Le rapport à l’argent et à la monnaie à Madagascar varie sensiblement selon les régions et les contextes urbains ou ruraux.
Différences entre ville et campagne
Antananarivo affiche un coût de la vie supérieur d’environ 11% à la moyenne nationale. Les prix dans la capitale reflètent une demande plus importante et des revenus légèrement plus élevés. À l’inverse, les zones rurales et certaines villes de province pratiquent des tarifs nettement plus accessibles, particulièrement pour l’hébergement et la restauration locale.
Zones touristiques versus circuits alternatifs
Les destinations phares comme Nosy Be, l’allée des baobabs ou les parcs nationaux connaissent une inflation touristique marquée. Les prestataires adaptent leurs prix à une clientèle internationale au pouvoir d’achat supérieur. En sortant des sentiers battus et en découvrant les fleurs de Madagascar endémiques dans des régions moins fréquentées, vous bénéficierez de tarifs plus authentiques et de rapports humains souvent plus chaleureux.
Transferts internationaux et envois d’argent
Si vous avez besoin de recevoir des fonds durant votre séjour ou si vous souhaitez aider financièrement des contacts locaux, plusieurs solutions existent.
Services Western Union et MoneyGram
Ces deux leaders du transfert international disposent d’agences dans toutes les grandes villes malgaches. La procédure reste simple : votre correspondant à l’étranger effectue le virement dans une agence de son pays et vous communique le code de retrait. Vous récupérez ensuite les ariarys dans n’importe quelle agence locale munie d’une pièce d’identité et du code. Les frais varient selon le montant et la vitesse de transfert souhaités.
Virements bancaires classiques
Les banques malgaches acceptent les virements SWIFT internationaux, mais cette option se révèle lente et relativement coûteuse. Comptez généralement 5 à 10 jours ouvrés pour le délai de réception et des frais conséquents prélevés tant par la banque émettrice que réceptrice. Cette solution convient mieux pour des montants conséquents ou des transferts réguliers que pour une simple aide ponctuelle.
Aspects légaux et réglementations douanières
La législation malgache encadre strictement les mouvements de devises et certaines marchandises pour lutter contre le trafic et préserver les ressources nationales.
Limites d’importation et d’exportation
Outre les 400 000 ariarys maximum en liquide évoqués précédemment, d’autres restrictions s’appliquent. Vous ne pouvez emporter plus de 1 kilogramme de bijoux sans certificat de change officiel. Les produits locaux font également l’objet de quotas : maximum 2 kilogrammes de vanille préparée, 1 kilogramme de poivre ou de café. Ces limitations visent à préserver les ressources agricoles et à favoriser les exportations officielles.
Interdictions formelles
L’exportation de pierres précieuses nécessite une autorisation spéciale délivrée par les autorités compétentes. Les aloalos anciens, ces totems funéraires sculptés traditionnels de la région mahafaly du sud, sont strictement interdits d’exportation. Leur valeur culturelle et patrimoniale justifie cette protection. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions et à la confiscation des objets.
Évolution et perspectives de la devise malgache
L’avenir de l’ariary dépend étroitement de la situation économique et politique du pays, avec des défis structurels persistants.
Tendances inflationnistes
Madagascar connaît une inflation chronique oscillant entre 6 et 8% annuellement ces dernières années. Cette hausse continue des prix érode le pouvoir d’achat de la population locale et contribue à la dépréciation de l’ariary face aux devises fortes. Les produits alimentaires, représentant plus de la moitié du panier de consommation des ménages, subissent les augmentations les plus marquées. Le riz, aliment de base, a progressé de 4,3% en 2024.
Initiatives de stabilisation monétaire
En 2023, à l’occasion du 50ème anniversaire de la Banque centrale de Madagascar, le gouvernement a lancé un programme de diversification des réserves nationales. Cette stratégie inclut l’émission de pièces d’or de collection et la constitution progressive de réserves aurifères. L’objectif affiché vise à renforcer la stabilité de l’ariary et à réduire sa dépendance aux devises étrangères. Les effets concrets de ces mesures restent à évaluer sur le long terme.
Pour un voyage réussi : récapitulatif des essentiels
Maîtriser les subtilités de la monnaie à Madagascar transforme radicalement l’expérience de voyage sur la Grande Île. L’ariary, bien que simple en apparence, cache plusieurs particularités que seule une bonne préparation permet de naviguer sereinement. La coexistence persistante avec le franc malgache dans les mentalités locales demande une vigilance constante lors des transactions. Les moyens de paiement limités obligent à une gestion rigoureuse du cash, tandis que les distributeurs automatiques, quoique présents dans les villes principales, ne garantissent pas toujours un approvisionnement fluide.
Le faible coût de la vie offre aux voyageurs un pouvoir d’achat avantageux, à condition de bien comprendre les équivalences et de disposer constamment de petites coupures. Les solutions de cartes bancaires sans frais internationaux comme Revolut ou Wise représentent des alliées précieuses pour optimiser vos dépenses et limiter les commissions. N’oubliez pas que la planification reste votre meilleur atout : changez vos devises aux bons endroits, retirez suffisamment avant de partir en brousse, et gardez toujours une réserve de sécurité. Avec ces précautions, votre budget sera parfaitement maîtrisé, vous permettant de profiter pleinement des richesses naturelles et culturelles qu’offre Madagascar, de ses arbres endémiques uniques à ses traditions ancestrales.
FAQ
Quelle est la monnaie officielle utilisée à Madagascar?
L’ariary constitue la seule monnaie officielle de Madagascar depuis janvier 2005. Son code international est MGA et son symbole local s’écrit Ar. Cette devise remplace définitivement le franc malgache, bien que ce dernier reste présent dans le langage quotidien des Malgaches. L’ariary se subdivise théoriquement en 5 iraimbilanja, faisant de lui l’une des rares monnaies non décimales au monde.
Quelle différence existe entre l’ariary et le franc malgache?
Le franc malgache représente l’ancienne monnaie utilisée de 1960 à 2005. La conversion suit une règle simple et fixe : 1 ariary équivaut exactement à 5 francs malgaches. Malgré son remplacement officiel il y a près de vingt ans, le franc malgache continue d’être utilisé dans les discussions quotidiennes, particulièrement dans les zones rurales et sur les marchés traditionnels. Cette double référence peut créer des confusions pour les visiteurs non avertis.
Où changer ses euros en ariary à Madagascar?
Trois options principales permettent d’échanger vos devises : les bureaux de change offrent généralement les meilleurs taux avec une commission de 1 à 2%, les banques comme BNI Madagascar, BOA ou BFV proposent plus de sécurité mais des taux moins avantageux, et les comptoirs de l’aéroport dépannent pour de petites sommes malgré leurs cours défavorables. Évitez absolument le marché noir qui expose à des risques d’arnaques et de faux billets.
Peut-on retirer de l’argent avec une carte bancaire à Madagascar?
Les distributeurs automatiques des grandes villes comme Antananarivo, Toamasina, Mahajanga ou Nosy Be permettent les retraits. La carte Visa fonctionne dans pratiquement tous les DAB, tandis que la Mastercard reste acceptée dans un nombre plus limité d’établissements, principalement à la BOA et CA-BNI. Chaque retrait est plafonné à 40 billets, soit entre 400 000 et 600 000 ariarys. L’American Express demeure quasiment inutilisable sur l’île.
Combien vaut un euro en ariary actuellement?
En février 2026, le taux de change oscille autour de 5 000 ariarys pour 1 euro, avec des variations quotidiennes selon les fluctuations du marché. Depuis l’adoption de l’ariary en 2005 où le taux s’établissait à 1 400 Ar pour 1 euro, la devise malgache s’est considérablement dépréciée. Cette dépréciation continue résulte de l’inflation persistante et des défis économiques structurels du pays.
Faut-il changer de l’argent avant d’arriver à Madagascar?
Non, cette démarche s’avère impossible car l’ariary n’est pas convertible en dehors du territoire malgache. Aucun bureau de change européen ne propose cette devise. Prévoyez simplement d’emporter des euros ou dollars américains en espèces, de préférence en coupures de 50 et 100 euros qui bénéficient généralement de taux plus favorables. Vous effectuerez le change directement sur place dès votre arrivée.
Quels sont les billets et pièces en circulation?
Le système fiduciaire malgache comprend huit billets de 100, 200, 500, 1 000, 2 000, 5 000, 10 000 et 20 000 ariarys. Les pièces de monnaie incluent les coupures de 10, 20 et 50 Ar qui circulent couramment, tandis que les petites pièces de 1, 2 et 5 Ar restent marginales. Chaque billet illustre la richesse naturelle et culturelle de Madagascar avec des représentations de la biodiversité, du patrimoine architectural ou des infrastructures.
Les crypto-monnaies sont-elles acceptées à Madagascar?
Les crypto-actifs ne possèdent aucun statut légal à Madagascar et ne bénéficient d’aucune réglementation officielle. La Banque centrale de Madagascar a publié une mise en garde en 2021 sur leurs risques. Bien que certaines plateformes internationales comme Binance ou Bitget permettent aux résidents malgaches d’acheter des crypto-monnaies, ces transactions comportent des dangers importants : volatilité extrême, absence de protection des consommateurs et risques de blanchiment.
Combien coûte le salaire minimum à Madagascar en ariary?
Le salaire minimum légal s’établit à 262 680 ariarys par mois dans le secteur non agricole, soit environ 50 à 53 euros selon le taux de change. Dans le secteur agricole, il atteint 266 500 Ar mensuels. Ces montants reflètent un pouvoir d’achat très faible, avec 80% de la population vivant sous le seuil de pauvreté international. Le salaire médian réel tourne autour de 108 250 Ar par mois, bien en deçà du minimum légal.
Peut-on payer par carte bancaire à Madagascar?
L’utilisation de cartes bancaires reste très limitée à Madagascar. Seuls quelques grands hôtels internationaux, restaurants touristiques haut de gamme et boutiques de luxe acceptent ce moyen de paiement. De plus, ces établissements appliquent fréquemment une majoration de 5 à 10% sur les transactions par carte. L’économie malgache fonctionne essentiellement avec des espèces, rendant l’argent liquide indispensable pour la quasi-totalité de vos dépenses quotidiennes.



